Un toro bravo de corrida bénéficie d’une vie absolument libre durant les cinq ans précédant sa mort au combat dans l’arène ce que ne connaît aucun animal de boucherie tué par égorgement et, très souvent sans étourdissement préalable dans les abattoirs.
Quelle la mort « préférable » ? ? ? …
Je fus un aficionado critique des matadors qui ne se souciait pas de la souffrance endurée par le toro bravo avant son trépas mais qui n’aurait jamais accepté que l’on fasse souffrir son chat et qu’on le tue de sang-froid.
Au crépuscule de ma vie, je révise mon opinion sur la cruauté certaine de la corrida de toros.
Cependant, faire disparaître la corrida de toros conduit à la disparition du magnifique animal qu’est le toro bravo et à le remplacer par des troupeaux de bétail de boucherie (la chair du toro bravo est également consommée).
Lorsque le toro bravo entre dans l’arène, il est en possession de toutes ses facultés et le spectacle de l’enchaînement des passes de cape exécuté par le torero est magnifique : élégance et courage.
Mais, l’intervention des picadors réduit considérablement les facultés du toro bravo.
Ensuite, la pose des banderilles, lorsqu’elle est faite avec courage et élégance, comme par exemple par le torero-matador Luis Francis Espla, constitue un réel beau spectacle qui ne provoque que des blessures bénignes au toro bravo.
Puis vient la faena finale avec la minute de vérité et la mise à mort du toro par le matador avec une épée.
Chaque année, l’espèce humaine abat des millions d’animaux pour se nourrir aussi la mort du toro bravo dans l’arène ne me choque pas s’il demeurait en pleine possession de toutes ses facultés jusqu’à son estocade et la mort.
En conséquence, pour que le toro bravo soit préservé de blessures et de souffrances qui réduisent considérablement ses capacités physiques, il conviendrait de supprimer l’intervention des picadors dont la finalité est de contraindre le toro bravo à baisser la tête, par faiblesse physique, afin de faciliter la mise à mort par le matador.
Donc, la mise à mort deviendrait beaucoup plus dangereuse à réaliser pour le matador qui devra démontrer un authentique courage.
Mais, alors, la corrida de toros bravos redeviendra aussi l’authentique fête du courage, FIESTA BRAVA, qu’elle n’est plus aujourd’hui ! ! !
Post-scriptum :
Par ailleurs, je considère que le rejoneo est systématiquement gâché par le fait que les toros combattus sont toujours « despuntados » (bout des cornes coupé). Cela réduit la dangerosité du toro et rend le combat déloyal. De plus, ce procédé autorise le cavalier à nombre de facilités d’un goût douteux.
Nota bene :
En écrivant ce texte, je vais m’attirer les foudres des admirateurs d’Ernest Hemingway qui a écrit un best-seller, « Mort dans l’après-midi » totalement usurpé, puisqu’au premier chapitre il déclare trouver comiques les chevaux des picadors, éventrés par le toro, et qui courent dans l’arène avec leurs viscères entre leurs jambes postérieurs.
Ignoble sens du comique ! ! !…
Hemingway, Mort dans l’après-midi (sic, chapitre premier, page 15, Éditeur Folio)
Dans la tragédie de la course de taureaux, le cheval est le personnage comique. Cela peut choquer, mais c’est vrai. Il suffit que les chevaux soient assez hauts sur pattes et assez solides pour que le picador, armé de la pique appelée vara, puisse accomplir sa mission ; à cette condition près, plus ils sont mauvais, mieux ils remplissent leur rôle comique. Vous penseriez être saisis d’horreur et de dégoût à la vue de ces parodies de chevaux et de leur sort. Mais il n’y a aucun moyen d’en être sûr, sauf si vous avez résolu de sentir ainsi, quelles que dussent être vos émotions réelles. Ils ont si peu l’air de chevaux ; à certains égards, ils ressemblent à des oiseaux, à tels de ces oiseaux maladroits comme les argales ou autres échassiers à becs énormes. Quand le taureau les soulève de la puissante attaque musculaire de son cou et de ses épaules, alors, avec leurs jambes pendantes, leurs gros sabots ballants, leur nuque affaissée, leur corps usé soulevé sur la corne, ils ne sont pas comiques ; mais je jure qu’ils ne sont pas tragiques. La tragédie est centrée tout entière sur le taureau et sur l’homme. Le sommet tragique de sa carrière, le cheval l’a atteint, hors de la scène publique, à une époque antérieure : lorsqu’il fut acheté par le fournisseur de chevaux pour être employé dans l’arène. La fin dans l’arène, par certains côtés, semble convenir assez bien à la structure de l’animal. Une fois les toiles étendues sur les corps des chevaux, les longues jambes, les longs cous, les têtes aux formes étranges et la toile faisant une sorte d’aile les font ressembler à des oiseaux plus que jamais. Ils ont un peu l’aspect que prend un pélican mort. Un pélican vivant est un oiseau intéressant, amusant et sympathique, bien que si vous le saisissez il vous donne des poux, mais un pélican mort a l’air très sot.