Peut-on envisager, à long terme, un système de santé universel et intégralement gratuit pour les Français, financé par les dividendes d’un Fonds souverain plutôt que par des cotisations sociales et des impôts ?
En 2025, la loi de financement de la Sécurité sociale prévoyait 261,8 milliards d’euros de dépenses pour la branche maladie, maternité, invalidité et décès.
Face à l’importance de notre dette publique, les débats politiques portent largement sur la réduction des dépenses publiques et sociales.
Mais pourquoi ne pas envisager une autre solution, permettant, à très long terme, de financer notre système de santé sans cotisations sociales ni impôts ? Les Générations Futures nous en seront reconnaissantes ! ! !
C’est précisément l’objet de ma proposition : constituer un Fonds souverain français spécifiquement consacré au financement de la santé, notamment pour répondre aux besoins croissants des personnes du quatrième âge.
Comment financer ce Fonds souverain ?
Le patrimoine financier des Français représente environ 6.500 milliards d’euros.
Je propose de consacrer chaque année à la constitution de ce Fonds souverain l’équivalent de 0,5 % de ce patrimoine, soit quelque 32,5 milliards d’euros, sous la forme d’une épargne collective investie dans l’économie productive.
Cette épargne serait capitalisée sur une très longue période, avec une hypothèse de rendement annuel net de 4 %.
Les intérêts composés permettraient ainsi de constituer progressivement un patrimoine collectif considérable.
Pour garantir sa pérennité, je propose une règle simple : 75 % des revenus du Fonds seraient disponibles pour financer la santé, tandis que 25 % seraient réinvestis, afin de renforcer le capital et de permettre la croissance des revenus futurs.
Que pourrait produire ce Fonds souverain ?
Voici les résultats de ma simulation à l’année 82.
| Fonds souverain Santé — Année 82 | Montant |
|---|---|
| Capital constitué | 9.464 Md€ |
| Revenus annuels à 4 % | 378,56 Md€ |
| 75 % disponibles pour la santé | 283,92 Md€ |
| 25 % réinvestis | 94,64 Md€ |
| Dépenses de la branche maladie en 2025 (réalisées, arrondies) | 262,3 Md€ |
| Écart arithmétique avec le budget de référence 2025 | +21,62 Md€ |
Il s’agit d’une démonstration fondée sur des hypothèses financières, et non d’une prévision du budget de la santé dans 82 ans.
L’évolution des dépenses sanitaires, du vieillissement démographique et des rendements financiers nécessitera des ajustements relevant de décisions politiques du peuple français.
Mais le principe économique est simple : constituer collectivement un patrimoine productif dont les revenus pourraient progressivement remplacer les cotisations sociales et les impôts affectés au financement de la santé.
Un choix démocratique
Faut-il commencer à utiliser les revenus du Fonds avant qu’ils ne puissent couvrir la totalité des dépenses ? Faut-il prolonger l’effort d’épargne de 50 à 75 ans afin d’accroître le capital et ses revenus ?
Ces décisions appartiendraient au peuple français.
Mon propos n’est pas de présenter aujourd’hui un projet de loi détaillé, mais de proposer un principe nouveau de financement de notre protection sociale, dont les modalités pourraient ensuite être étudiées et soumises au débat démocratique.
Une perspective plus vaste : le capitalisme humaniste
Cette proposition constitue le quatrième volet d’un programme économique de long terme reposant sur la constitution de Fonds souverains français.
Les trois premiers projets poursuivent des objectifs distincts :
- Rembourser progressivement, en 75 ans, la dette publique française sans fiscalité supplémentaire destinée à son remboursement.
- Substituer, à long terme, 75 ans, les dividendes d’un Fonds souverain à la fiscalité d’État.
- Constituer un Fonds souverain permettant de verser à chaque habitant un Dividende Universel Individuel Évolutif (DUIÉ).
Le quatrième aurait pour vocation de financer progressivement une couverture santé universelle, sans cotisations sociales ni impôts affectés à son fonctionnement.
Le principe commun à ces quatre projets est de mettre un capitalisme, enfin HUMANISTE !, au service de l’ensemble de la population, en faisant bénéficier chacun des revenus d’un patrimoine productif constitué collectivement.
Il ne s’agit pas de promettre que tout sera possible immédiatement, mais d’ouvrir une perspective économique et sociale de long terme, qui mérite d’être examinée.
Je suis candidat à la prochaine élection présidentielle
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